Chroniques du Ciel : Crash Matinal d'un Ford Trimotor de CGiral Airlines

Démarré par Lemarquis, 28 Janvier 2019 à 21:50:05

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Lemarquis

Crash d'un Ford 4AT

C'est une terrible nouvelle que les familles des passagers ayant embarqués sur le vol 536722  de CGiral Airlines ont apprise par la voix du Quai d'Orsay.  L'avion devait arrivé à Amsterdam Dimanche 27 Janvier Le ministère des affaires étrangères a été avisé dans la soirée par l'ambassadeur belge que l'appareil parti de Paris le jour même à 7H20 venait d'être retrouvé dans une zone champêtre non loin d'Eecloo dans les Flandres flamandes.  Aucun passager, ni membre d'équipage n'a survécu.
L'appareil était un Ford 4-AT  avec 14 passagers, la météo était satisfaisante au-dessus des Flandres en cette matinée de Janvier. Les bancs de brouillards s'étaient dissipés assez tôt ce matin là au-dessus de la ville. L'heure de l'accident fatal  se situerait vers 8H30, heure de Paris d'après les premiers recoupements de la Gendarmerie Belge. La presse flamande dans son édition de ce Lundi matin relaie les informations collectées par le bourgmestre d'Eecloo.

L'appareil qui s'est écrasé au bas d'un coteau a connu d'après quelques témoins matinaux aux travaux champêtres des soucis moteurs. Il venait de l'ouest cherchant à contourner les brumes s'accrochant aux polders littoraux. Cependant l'un des témoins affirme que le moteur droit ne tournait plus et que les deux autres ne  semblaient pas fonctionner à très fort régime. Affirmation très étonnante puisque le trimoteur Ford est réputé pouvoir voler avec un moteur en panne à condition d'ajuster la puissance des deux autres  et de compenser l'asymétrie de poussée. L'avion a tenté un atterrissage sur  un chemin de charretier qui borde les champs mais a fait la culbute dans l'un d'eux.  D'après le témoignage d'un médecin de campagne arrivé à la hâte sur place plusieurs des passagers ont succombés à leurs blessures dans l'épave. Toutefois la médecine légale confirmera ou non ses dires. Quelques ouvriers agricoles alentours qui se sont précipités sur place déclarent eux aussi avoir ouï durant quelque minutes râles et geignements. Le fatras de tôles a rendu tout premiers secours impossible.

Plusieurs spécialistes de l'aviation sont actuellement sur place pour les investigations d'usage. D'après la compagnie CGiral Airlines Le commandant de bord était chevronné et le co-pilote un pilote assez jeune mais prometteur. Aucun souci mécanique n'avait été décelé lors des opérations de maintenance de la veille.  Les dépouilles seront ramenées sur Paris par le rail dès que les constatations légales seront terminées d'après les autorités Belges.

Dans les salons feutrés parisiens il se murmure qu'un tel crash par temps clément et vent modéré ne se conçoit pas sans une erreur humaine. L'équipage aurait-il était trop audacieux en tentant la route côtière souvent sujette aux brouillards matinaux ? Le service météorologique d'Ostende  au sud-ouest signalait des brouillards givrants à l'aube.  Le plan de vol de l'appareil est mal connu, il semble cependant avoir survolé Bruges cap au nord, la température était alors légèrement négative avec une visibilité satisfaisante.

D'autres communiqués de presse sont à attendre....

L'avion à sa sortie d'usine


la cabine d'un Ford Trimotor



Un précédent atterrissage acrobatique




Image de l'épave





Seconde image de l'épave




Remerciements à
- Wpyphotos.com & Public Boston Libray
- disasteroushistory.blogspot.com
- Oldmotor.com
- San Diego Air & Space Museum


L'auteur rend hommage aux victimes du crash du 21 Avril 1929 à San Diego. Ce jour un Ford Trimotor 5AT et un Boeing PW9 entrèrent en collision. Les deux dernière photos de cet article fiction en sont issues.


Sabruna

 :chapeau:
Fallait avoir envie à cette époque...
Bravo pour les photos de l'intérieur de l'appareil, difficiles à trouver ces documents...

Lemarquis

La commission d'expert rend ses conclusions dans l'affaire du Crash d'un  Ford 4AT de CGiral Air Lines.
Comme souvent dans les accidents il n'y a pas qu'une seule cause mais un enchaînement malheureux qui aurait pu être éviter.

Le commandant de bord avait eu une nuit assez courte d'après ces collègues et a enchaîné un rythme assez effréné les journée précédentes. Son co-pilote était en revanche bien reposé et a donc pris les commandes au départ, le commandant s'occupant de la navigation.  Le choix de la route littorale est un premier pas vers le drame, même si elle est en général plus rapide, la météo sur les côtes Belges était incertaine au lever du jour. C'est sans doute pour cela que l'avion a pris un cap plus à l'intérieur des terres une fois au dessus de la Belgique.
Toutefois les experts estiment que ce détour a conduit le pilote à réduire les gaz pour conserver une marge de carburant.  Cette manœuvre anodine n'a pas été suivie par une précaution d'usage impérative dans les conditions de vol de l'avion en cette matinée hivernale. Le doute est même permis sur le réglage de la richesse du mélange ajusté durant le détour. L'absence du réchauffage carburateur a conduit à l'impensable givrage carburateur sur un puis deux moteurs. La fatigue accumulée du commandant n'a pas permis à ce dernier, dans la situation d'urgence qui se dessinait, de réagir correctement. Avec un seul moteur à plein régime, un à l'arrêt, et un dernier sur le point de caler, l'atterrissage d'urgence a tourné au drame. Même si le commandant avait les commandes à ce moment critique, il n'avait plus réellement la maîtrise de son tau de descente.

C'est donc une erreur humaine qui est à l'origine du crash mais aussi une fatigue excessive du pilote le plus expérimenté . Le président de la compagnie n'a pas fait de déclaration.