Avez vous entendu de cette bavure lors de démonstration de l'armée de terre?
Le jeune sergent impliqué dans le drame de Carcassonne (Aude), qui a fait 16 blessés dimanche en fin d'après-midi, a été mis en examen mardi en fin de journée et remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Le militaire a été mis en examen pour "blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois", avec la circonstance aggravante de "violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence prévue par la loi ou le règlement", a-t-on appris de source judiciaire.
Dimanche en fin d'après-midi, lors d'une démonstration d'assaut dans une caserne militaire de Carcassonne, 16 personnes ont été blessées après que ce jeune homme de 28 ans a confondu, a priori accidentellement, balles réelles et balles à blanc.
Le juge d'instruction a également ordonné une expertise de l'arme. Le sergent a en effet complété avec 5, 6 ou 7 balles à blanc les 10 et 20 balles réelles qui restaient dans son chargeur. "Quand il a tiré, il a commencé par les balles à blanc, puis on est passé aux balles réelles", a indiqué le procureur de la République Brice Robin lors d'une conférence de presse
"Les militaires doivent restituer dans la soute à munition les munitions non utilisées", a encore précisé Brice Robin. "Lui a délibérément conservé ces munitions, peut-être par une appétence pour les munitions. Il se trouvait en possession de ces munitions alors qu'il n'aurait jamais dû les avoir sur lui, ça c'est une incertitude. Il estime qu'il a oublié de les restituer. Il affirme que c'est la première fois que ça lui est arrivé."
"Il reconnaît s'être trompé et avoir inconsciemment complété un chargeur à l'intérieur duquel il existait des balles réelles qui provenaient d'un résidu de tirs avec des balles à blanc et, deuxième erreur, d'avoir utilisé ce chargeur lors de cette manifestation", a complété Brice Robin.
Le sergent encourt trois ans d'emprisonnement et une peine d'amende
( tiré de l'express)
Lundi 30 juin, au lendemain du drame survenu à la caserne du 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMA), où dix-sept personnes ont été blessées, le procureur de la République de Montpellier, Brice Robin, a apporté des précisions sur l'enquête. Selon lui, le militaire a agi "involontairement", par"maladresse","absolument pas de manière préméditée" et le drame est la conséquence d'une "erreur humaine". "Nous demanderons qu'il soit mis en examen pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale supérieure à trois mois", a ajouté le procureur. Il a ajouté qu'il retiendrait "vraisemblablement une circonstance aggravante", insistant sur le fait que le militaire avait "violé les règles de sécurité".
Par ailleurs, un journaliste de la Dépêche du Midi indique avoir trouvé dimanche, à proximité de la caserne, dix balles réelles enveloppées dans une boîte de préservatifs. Il a apporté ces balles au commissariat de police, ce qui a "interpellé" les enquêteurs. Ils ont confirmé qu'il s'agissait bien de munitions d'arme de guerre et ont procédé à des relevés d'empreintes digitales avant de joindre ces projectiles au dossier.
Le président Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu lundi matin à l'hôpital Antoine-Gayraud de Carcassonne, a estimé qu'il y avait eu "des négligences inacceptables". "Elles devront être sanctionnées. (...) La réaction sera rapide et sévère", a-t-il promis.
"Ce sont des professionnels, cela ne peut pas rester sans conséquence", a-t-il affirmé. "Je suis consterné par ce qui s'est passé", a ajouté M. Sarkozy, rappelant qu'il s'exprimait en tant que président de la République mais aussi en tant que chef des armées. Il était accompagné du ministre de la défense, Hervé Morin, du général Bruno Cuche, chef d'état-major de l'armée de terre, et du maire UMP de Carcassonne, Gérard Larrat. Le président de la République s'est également rendu au CHU Purpan de Toulouse, au chevet de trois enfants blessés par balle lors de la fusillade.
"JE N'EXCLUS RIEN"
Un peu plus tôt, le ministre de la défense avait indiqué qu'il était "trop tôt pour se prononcer" sur le caractère accidentel ou criminel du drame de Carcassonne. "Je n'exclus rien parce qu'on ne peut pas savoir ce qui peut se passer dans la tête d'un homme", a déclaré M. Morin, parlant, au sujet du tireur, d'un "militaire expérimenté et très bien noté". Toutefois, pour le ministre de la défense,"il y a eu des fautes ou des manquements".
"Un militaire qui a de l'expérience ne peut pas confondre" un chargeur à balles réelles et un chargeur de balles à blanc, a-t-il souligné, rappelant que les deux types de munitions sont de couleur différente et que les procédures veulent que les balles non utilisées soient rendues "après chaque exercice", ce qui n'avait pas été le cas. Selon lui, l'auteur des tirs avait d'abord vidé un chargeur de balles à blanc avant, "malheureusement", d'en placer un second à balles réelles dans son arme. "Pourquoi était-il dans sa poche ?" s'est-il interrogé.
Le drame relève d'une faute non volontaire, a déclaré lundi à l'AFP le colonel Benoît Royal, chef du Sirpa-terre (service d'informations de l'armée de terre). "Dans l'état actuel de l'analyse par l'autorité militaire et sans préjuger des résultats de l'enquête, il s'agit à 99,9 % d'une faute non volontaire due à un mélange de munitions réelles et à blanc", a indiqué le colonel Royal.
Selon lui, des munitions à balles réelles ont été "conservées indûment". Le colonel Royal a fait valoir que des munitions à balles réelles ne pouvaient être perçues par les militaires que dans trois cas : les exercices réalisés précisément à balles réelles sur un champ de tir ou dans un stand de tir, les gardes autour de points sensibles ou les patrouilles "Vigipirate".
( Tiré du Monde )
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